Réactivation du patrimoine de l'eau dans la transition écologique : exemple des dispositifs hydriques traditionnels de Jaipur

Au XXIe siècle, changement climatique et métropolisation généralisée des territoires ont abouti à la création du concept alarmant de stress hydrique. La métropole de Jaipur au climat semi-aride ne fait pas exception et est désormais tributaire de la fréquence et de l’intensité́ incertaines des moussons. Paradoxalement, cette région a développé́ par le passé une connaissance de l’eau vernaculaire prenant en compte les spécificités territoriales et impliquant le citoyen dans un travail communautaire. Ce savoir particulier s’était alors traduit sous forme de dispositifs architecturaux et paysagers de captation, conservation et distribution de l’eau, aujourd’hui en perdition, qui forment ce que nous qualifions ici de patrimoine hydrique. L’étude de ces éléments permettrait alors de répondre à la question suivante :
Dans quelles mesures les dispositifs hydriques traditionnels de Jaipur pourraient-ils devenir des supports signifiants de l’eau de l’échelle du territoire à celle du micro-bassin versant ?
Nous avançons l’hypothèse selon laquelle la patrimonialisation de ces dispositifs est une prospective envisageable pour leur sauvegarde et leur considération par le public. Nous envisageons également la réactivation des dispositifs sous deux aspects distincts et complémentaires : la réactivation traditionnelle et la réactivation contemporaine. Ces dispositifs considérés en système à la grande échelle pourraient alors être porteurs de projections visant à la résilience de Jaipur face au manque d’eau.
Pour cela cette recherche vient articuler les nombreuses sources savantes et directes disponibles sur le sujet telles que les travaux sur les maisons à cours effectués entre 2001 et 2004, l’ouvrage de 2007 « Jaipur, une ville nouvelle du XVIII au Rajasthan » par Alain Borie, Françoise Catalàa et Rémi Papillault, ou encore le fonds documentaire universitaire de l’ENSA Toulouse, l’Aayojan School de Jaipur et du College of Urban Planning and Public Affairs de Chicago regroupant des travaux produits de 2001 à 2020 dont une partie de 2016 à 2020 ont été établis dans le cadre du « Eco-century project » à l’initiative de la fondation suisse Braillard Architectes. Enfin l’étude est complétée par le travail de terrain in-situ et e-situ de l’auteure. La thèse se développe en trois temps principaux : une réflexion théorique sur les thèmes du stress hydrique, de la transition écologique urbaine et du patrimoine de l’eau, puis une étude cartographique de Jaipur et de ses dispositifs hydriques sous forme d’atlas de l’échelle territoriale à l’échelle bâtie en passant par celle des micro-bassins versants , et enfin une dernière partie sur le devenir des dispositifs traditionnels dans le contexte de la transition écologique avec les prospectives de patrimonialisation et de réactivation. Avec ce travail, l’objectif est la compréhension d’un système géographique et architectural vaste et la résurgence de connaissances vernaculaires. Traduites sous forme de données, cartes, plans, coupes et écrits, la recherche a pour vocation de constituer une base documentée de réflexion sur la place du patrimoine de l’eau dans la composition passée et à venir de la ville de Jaipur.

Date :

2019 - 2023

Doctorant :

Maureen CERTAIN

Composition du jury :

 

Rémi PAPILLAULT, professeur, ENSA Toulouse, DIRECTEUR DE THESE

Mme Paola VIGANO, professeure, Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, RAPPORTEUR

Mme Shikha JAIN, docteure, UNESCO C2C, Wildlife Institute of India –  Dronah Foundation, RAPPORTEUR

Mme Jigna DESAI, professeure, CEPT University Ahmedabad, CO DIRECTRICE DE THESE

Panos MANTZIARAS, docteur, fondation Braillard Architectes, EXAMINATEUR

Mme Anaïs LEGER-SMITH, docteure, ENSA Toulouse, EXAMINATRICE

Sanjeev VIDYARTHI, professeur, UIC CUPPA Chicago, EXAMINATEUR

Mots clés :

Patrimoine traditionnel, Stress hydrique, Atlas, Architecture de la grande échelle, Transition écologique, Jaipur, Rajasthan