De la terrasse au toit : restaurer l'Ecole de Fontgrande

l’Ecole de Fontgrande conserve globalement son esthétique d’origine, ainsi qu’une multitude d’éléments patrimoniaux particuliers (cf part. I). Ainsi, la plupart des modifications sont de l’ordre de la reprise, d’éléments de béton, d’équipement…
Par ailleurs, cette étude n’a pas vocation à remettre en question le programme de l’ensemble mais plutôt à pérenniser et remettre en valeur le bâti tout en maintenant son confort d’utilisation. En exemple la modification du sous-sol (creusement des cours anglaises et élargissement des baies), respectant l’ordonnance générale et apportant une plus-value dans l’usage, la capacité et l’éclairage du bâtiment, n’est pas à remettre en question.
Cependant, un élément particulier de l’ensemble concentre les enjeux de la restauration : les toitures et leur dispositif de couverture.
Avant tout, il est à relever que le principal enjeu de l’intervention de pérennisation de l’école relève de la protection de l’ensemble vis à vis de la descente des eaux et des dégâts qu’elle occasionne. Cet enjeu est particulièrement fort sur l’ensemble des couvertures, ayant justifié l’intervention lourde des années 1950. Cependant, si elle est parfaitement justifiée dans sa fonction, la haute charpente métallique et sa couverture de tuile apporte une modification majeure dans la composition générale, changeant l’esthétique de l’ensemble.
Ainsi, à l’heure actuelle, alors que la charpente ajoutée est elle aussi mise en défaut (porosités et nécessité de remplacement de la majorité des éléments de tuile) la question d’un important choix de restauration est à trancher. Une intervention lourde semble donc indispensable à la partie haute de tous les bâtiments de l’école, recoupant plusieurs enjeux :
-Assurer une couverture étanche à l’ensemble du bâtiment et pérenniser les départs de descente d’eau.
-Assurer l’isolation thermique des pièces inférieures.
-Retrouver l’éclairage zénithal des espaces de circulation internes.
-Marquer un choix quant à l’image générale de la composition du bâtiment.

Devant ce constat, deux hypothèses se dégagent.
La première ambitionnerait à un retour à la composition d’origine de l’école par la suppression des volumes de charpente et la restitution de l’ancien attique (selon ses plans d’exécution d’origine et différentes photographies d’archives). Cette version mettrait alors en œuvre un nouveau système de couverture métallique, à faible pente, intégrant des panneaux d’isolation et un chéneau d’évacuation des eaux. Principalement masqué par l’élévation de l’attique (90cm), le dispositif serait couronné d’une verrière associée aux dalles de «béton translucide» au dessous.
La seconde s’attacherait à la conservation de la couverture, issue de la modification Avizou, telle qu’elle nous est parvenue. Les enjeux seraient alors la reprise générales des éléments de charpente métallique, celle de la verrière, selon de nouveaux principes de capotages étanches ainsi que le remplacement quasi intégral des éléments de tuile, des éléments d’isolation thermique seraient également à disposer.

Ces hypothèses proposent donc deux réponses possibles aux problématiques techniques de restauration tout en offrant deux réflexions quant à l’image de l’école et de son entretien. Soit un retour à l’intégrité de la composition originelle désormais rendu à nouveau possible par nos techniques contemporaines où une intégration de la modification historique dans le patrimoine du bâtiment, réaffirmant la logique mise en œuvre à sa construction de réponse technique à une pathologie du bâtiment par l’insertion d’un nouvel élément : un toit.

La municipalité choisit la conservation du toit tant pour la pérennité que cela donne à l’ensemble, que pour le signe de protection de l’institution scolaire.

Équipe :

Aarp mandataire

Cetec : BET Structure

Ecozimuth : Bet énergétique

Type de mission :

Mission Complète

Maître d'ouvrage :

Commune de Saint Benoit de Carmaux

Date :

2020-2025